Cueillette : indispensable Ortie

Publié le par equilibreen3D

Que d’herbes folles en ce début de printemps, bonnes à manger, belles à regarder...

Et pour ce premier numéro on a choisi de vous parler de l’ortie pour son inévitable identification (qui ne s’y est jamais frotté ?) et pour ses innombrables et incontournables usages et vertus. Enfin aussi parce que cette plante qui fait débat mérite qu’on en parle encore et encore...

Nul besoin de description, toutefois il faut préciser que tout ce que l’on appelle ortie «blanche», «jaune»... ne sont pas de véritables orties au sens botanique et qu’il s’agit bien ici de l’ortie bien connue pour piquer (Urtica dioïca).

Mal aimée ? Forcément elle pique, a tendance à être envahissante… et son plus grand blâme de nos jours, elle remplace certains produits phytosanitaires du commerce et est accessible gratuitement !
Alors il faut s’armer de gants et prendre le temps de la récolter…mais d’abord quelques informations pour se motiver.

Avant tout, pourquoi diantre pique t-elle ? Pour se protéger de ses consommateurs trop voraces, elle s’est armée sur toute sa tige et le dessus de ses feuilles de poils creux, cassants à la moindre caresse et contenant un mélange détonnant, constitué notamment d’histamine, responsable de cette sensation de brûlure. Mais une fois cuite, séchée ou finement hachée, elle ne pique plus ! Il n’y a donc aucune raison de s’en priver, il faut juste trouver la bonne méthode de récolte… ou connaître ses plantes compagnes qui soulagent (plantain, mauve, rumex…)


Le jeu en vaut la chandelle à plus d’un titre ! L’ortie contient des vitamines (plus riche en vitamine C que l’orange par ex.), de nombreux sels minéraux, des protéines et encore d’autres éléments très intéressants sur le plan nutritionnel, d’où l’usage culinaire et médicinal (jouant également un rôle d’épurateur outre les nombreux apports renforçant l’organisme.)

Quelques conseils de récolte : Tout d’abord bien choisir son lieu de cueillette, l’ortie est une plante dépolluante (jamais sur le bord des routes et vérifier si le terrain n’a pas servi de décharge dans le passé car elle aime s’y installer), privilégier les plantes à l’ombre, elles sont plus tendres et ce sont les jeunes pousses que l’on ramasse.

On l’utilise principalement en cuisine dans les purées, soupes, tarte ou cake salés... Mais ma recette préférée est le pesto d’orties. Eh oui, on peut aussi la manger crue ! Après l’avoir rincée dans une eau vinaigrée et hachée très finement avec un mélange de graines et de l’ail, on y met un peu de sel et on recouvre le tout d’huile d’olive. C’est très bon ajouté à la sauce de salade ou bien simplement sur une tartine de pain...

Son goût est à redécouvrir, incroyablement velouté une fois cuisinée et indescriptible car différent de tout autre.


Et si l’ortie est bénéfique pour nous, elle l’est aussi pour nos animaux. Un dicton populaire dit : « De l’ortie dans le poulailler, c’est un œuf de plus dans le panier ». D’une manière générale elle renforce la résistance des bêtes et puis avec ses propriétés galactogènes, la production laitière est plus importante et de meilleure qualité.


Une autre utilisation de l’ortie bien connue : le purin. Au jardin on l’utilise comme fertilisant, fongicide et répulsif (parfois insecticide). On vous conseille de lire « Purin d’Ortie et Cie » aux éditions du Terran, très bien documenté et pratique. La tisane, la décoction sont d’autres préparations possibles et on peut aussi l’utiliser fraîche dans le trou de plantation. Il est intéressant d’en jeter quelques feuilles dans le compost pour accélérer sa décomposition et l’enrichir d’éléments minéraux. Ses principales qualités : elle fixe l’azote de l’air, elle assimile le fer indisponible pour les autres plantes et ses racines contiennent un fongicide, et en plus elle partage avec ses voisines. Outre cet aspect, la présence de l’ortie dans le jardin est un bonheur pour les insectes, des mauvais comme des bons dont quelques auxiliaires. C’est tout un écosystème favorisant une vie ultra diversifiée ; entre les vers de terre nombreux à ses pieds, les coccinelles pour les pucerons, les papillons pour la pollinisation, les oiseaux que tous ses insectes (plus d’une centaine) attirent, le jardinier a encore plus d’arguments pour la protéger et l’encenser.

Cette plante a une capacité énorme à absorber des éléments minéraux du sol mais aussi des métaux lourds qui eux sont toxiques, ce qui fait d’elle une plante dépolluante. Des recherches sont en cours pour cet usage qui serait une piste intéressante pour l’assainissement des boues d’épuration, mais est ce qu’on y met les moyens nécessaires ?


Enfin l’ortie peut aussi avoir des usages cosmétiques (pour les problèmes de peau, le cuir chevelu ou les ongles cassants), textiles (le rami : à partir d’une ortie qui pousse en Asie, ses fibres sont plus longues) et tinctoriale par ses racines.

Ce qui est sûr c’est que vous pourrez vous informer d’avantage avec « l’ortie » par Moutsie, encyclopédie d’Utovie n°64 ou en venant consulter notre bibliothèque qui ouvrira cet automne.


Karine Louis

Publié dans Article des éco-echos

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Gyom1211 15/07/2009 00:17

Il est vrai que la culture de l'ortie devrait et va se développer en tant que fourrage pour les vaches laitières en particulier car c'est une plante riche en minéraux, riche en protéine azoté et montre des propriétées médicinales intéressantes notamment en agriculture biologique. Petite rectification, l'ortie n'étant pas une légumineuse à ce titre elle ne peut fixer l'azote de l'air.

vero-ortie 26/05/2009 18:22

Quelle plante merveilleuse finalement, pourquoi est-elle si hostile au premier abord?

biodordogne 15/05/2009 11:32

Intéressant, clair et pédagogique...Merci pour cet article