Commerce Equitable

Publié le par equilibreen3D

Sagarmatha nous parle de son partenaire
WSDP au Népal

centre copier

Des Femmes motivées
C’est en séjournant au Népal et en rencontrant de nombreux artisans sur place, que j’ai eu envie de créer une «passerelle» entre notre région et l’Himalaya afin de promouvoir des matières et des savoirs-faire spécifiques et ancestraux aujourd’hui très concurrencés par les nouvelles techniques industrielles de leurs voisins Indiens et Chinois.

L’un des centres de production avec lequel je travaille depuis 3 ans, est le «Women’s Skill Development Project» (WSDP) situé à Pokara, au pied de la chaîne des Annapurnas. Ce centre de formation créé en 1975 par le gouvernement Royal du Népal est devenu une ONG en 1995 grâce à la volonté de 4 employées, qui avec très peu de moyens, ont réussi à faire vivre le WSDP abandonné par le gouvernement dès les années 1990.

Avec des techniques locales très anciennes, les femmes du WSDP fabriquent une grande variété de sacs, pochettes et objets en coton népalais. Ce coton -produit dans des zones naturellement très irriguées grâce à la mousson- que les femmes achètent en écheveau est teint, tissé puis façonné par elles mêmes.

Dès sa création le centre visait en particulier les femmes en grande difficulté sociale (illettrées, handicapées, issues de basses castes, seules avec enfant, etc). En 1995, le WSDP est devenu membre du Fair Trade Group of Nepal (fédération Népalaise de commerce équitable) et depuis 2003 les femmes ont obtenu de l’IFAT, le label Fair Trade Organisation. En recevant des volontaires bénévoles étrangères (notamment du Japon) et en participant à différentes expositions nationales et internationales, le WSDP à réussi à se faire connaître et à élargir un peu ses exportations tout en modernisant les modèles produits.


tissage-copier.jpgDes techniques préservées

200 femmes environ travaillent au sein du centre, soit sur place soit à domicile dans leur village. La plupart d’entre elles tissent le coton qui a été préalablement teint par leurs collègues. Beaucoup connaissent ce travail transmis de mères en filles, mais d’autres sont venues au centre pour l’apprendre ; les «anciennes» enseignant aux débutantes. L’avantage du métier à tisser utilisé est qu’il est uniquement constitué de bouts de bois courts et de la chaîne en coton qui permet de tisser une bande plus ou moins étroite. Ainsi il est très facile aux femmes d’aller et venir entre leur domicile et le centre avec leur travail enroulé et porté sous le bras.

Deux équipes travaillent exclusivement au centre : les teinturières et les couturières.

La teinture du coton peut se faire de 2 façons : soit en utilisant des couleurs permanentes conventionnelles, soit des matières naturelles. Dans ce centre, les femmes ont longtemps utilisé des teintures conventionnelles, par facilité d’une part mais aussi parce qu’elles permettent une meilleure résistance de la couleur dans le temps et surtout d’obtenir des couleurs très franches et vives. Depuis quelques années, les femmes travaillent dur pour retrouver l’usage de plantes ou autres matières pour les teintures naturelles. De la cochenille au bois de santal, en passant par certaines racines, écorces et feuilles comme le thé. De la préparation à l’infusion ce processus est extrêmement long et minutieux, il demande 4 à 5 fois plus de temps que les teintures conventionnelles.

Quant à la coupe, la couture et le façonnage, les femmes formées sur place travaillent de façon classique en suivant un patron mais en devant gérer les problèmes dus aux coupures de courant très fréquentes au Népal et qui impliquent d’utiliser encore les machines à pédales.


echeveauDes projets ambitieux

Le WSDP n’est pas seulement un lieu de travail où les femmes perçoivent un salaire en fonction de leur production. Le WSDP est aussi un endroit où chacune des femmes à sa place et un rôle important à jouer dans l’ensemble du projet. Elles sont liées les unes aux autres et ensemble font évoluer le centre grâce à son autonomie financière et son statut d’ONG. Une gestion précise et transparente contrôlée par l’IFAT chaque année garantit une bonne répartition des revenus des ventes. En effet, la marge bénéficiaire des ventes ne représente qu’une faible part des prix et celle-ci est utilisée en premier lieu pour l’amélioration des outils et conditions de travail mais surtout est réservée pour des actions sociales touchant directement les femmes du centre : aide à la scolarisation des enfants, soins médicaux, programmes de prévention, etc.

Dans un futur proche, les femmes du centre voudraient pouvoir travailler à partir de coton népalais bio. A l’heure actuelle, le peu de coton bio produit au Népal étant acheté par les entreprises étrangères, les femmes du WSDP n’y ont pas accès. C’est pourquoi, plutôt que d’en faire venir d’Inde, elles font un gros travail de terrain auprès de petits producteurs locaux pour que leur production traditionnelle soit petit à petit certifiée bio.

Au Népal, peu de centres travaillent ainsi mais une prise de conscience est en train de naître dans le pays partagé entre tradition et modernité. Le travail équitable et l’écologie sont des concepts nouveaux là-bas en tant que tels, mais paradoxalement sont assez proches de ce que les traditions locales peuvent enseigner. Le soutien et les encouragements que l’on peut leur apporter sont donc toujours les bienvenus. Pour plus d'infos : www.wsdp.org.np (site en anglais).

Agnès Rambeau

PS : Pour des cadeaux équitables retrouvez Agnès au Marché de Noël de Tonneins ou appelez-la au
06 27 02 71 36 pour connaître ses prochains marchés...

Publié dans Article des éco-echos

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article