Semaine sans pesticide, Une première à Bergerac

Publié le par equilibreen3D

couple-papillons-bleus_4711.jpgÇa y est ! Le printemps est là, les bourgeons éclatent doucement, partout des petites fleurs parcourent le sol, les pissenlits vont pouvoir égayer nos assiettes et nous nettoyer le foie engorgé par les graisses hivernales, les insectes ailés reprennent leur butinage, les regards s’illuminent et les sourires se font plus grands (je le souhaite). Et bientôt toute cette ingénieuse vie spontanée subira les frais du manque de connaissance et de patience des jardiniers et le poids des lobbies industriels : les pesticides vont se vendre et se répandre comme des petits pains, pas de crise pour ces produits conçus pour tuer ! (-cide, signifie tuer).

Dénoncer une situation catastrophique

La France est le 3e consommateur mondial de pesticides (76000 tonnes) après les Etats Unis et la Chine, et quand on ramène à la surface du pays, ça fait encore plus peur (on est les premiers !)...

Face à cette dure réalité, des personnes se sont regroupées pour mettre en place « la semaine des alternatives aux pesticides » en 2006. Cette manifestation a pour objectifs d’alerter sur la dangerosité de ces produits (réduction de la biodiversité entraînant de nombreux déséquilibres, appauvrissement des sols, pollution des eaux et de l’air, développement de cancers, perturbations endocriniennes chez l’homme...) et d’informer sur les solutions alternatives qui fonctionnent (nouvelles formes d’agriculture et de jardinage respectueuses de l’environnement).

L’ACAP (Action Citoyenne pour les Alternatives aux Pesticides) est le nom de l’association qui a lancé ce mouvement. A l’intérieur ce sont des scientifiques, des journalistes fouineurs, des agriculteurs bio qui parfois y sont venus après avoir été atteints de cancer... Ce réseau a été initié par le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures), association fondée par François Veillerette, auteur de «Pesticides, révélations sur un scandale français» et Georges Toutain, ingénieur agronome. Ils dénoncent les conséquences négatives des produits chimiques, l’organisation magouilleuse des fabricants et des organismes de contrôle, le manque d’indépendance des scientifiques... et font également la promotion de solutions alternatives telles que l’agriculture biologique. Leur site est une véritable mine d’informations (www.mdrgf.org).

La manifestation a réuni plus de 35000 participants l’an dernier et il y a moulte propositions d’évènements à organiser pour aller débusquer et tenter de sensibiliser les utilisateurs acharnés du roundup ou d’autres faiseurs de mort (signalons que les jardiniers particuliers sont parfois plus gourmands que les agriculteurs qui respectent au moins les doses d’utilisation) : visites d’exploitation biologique, conférences, projections, débats, expositions, ateliers pédagogiques... Tous les détails sont sur le site www.acap.net...

Mettre en place le changement

L’information porte ses fruits, de plus en plus de villes se mettent à gérer leurs espaces verts et leurs voiries sans pesticide ; désherbeur thermique, paillage, lutte biologique ou intégrée, purins et tisanes de plantes sont leurs nouveaux alliés, il y a réorganisation des massifs (plus de vivaces, de plantes moins sensibles aux maladies et ravageurs) et des zones de friche revoient le jour pour que la nature reprenne sa place et fasse ses merveilles ! Et cela permet aux habitants de cultiver un autre regard sur cette vie sauvage.

D’autre part, des jardineries en Bretagne ont signé une charte incluant la formation des vendeurs sur les méthodes culturales biologiques afin de mieux orienter les clients.

Et par chez nous alors ? Vu les ventes des jardineries et coopératives agricoles, il serait temps d’aller titiller les adeptes du tout chimique et les susceptibles de la moindre herbe folle.

D’où l’exposition «Jardins de trottoirs» issue de la collaboration d’un plasticien et d’une ethnobotaniste qui nous montre la beauté de ces sauvageonnes et leurs nombreux intérêts ; la mairie de Bergerac a soutenu cette envie de la faire découvrir en la finançant et en prolongeant sa location sur la semaine du développement durable. Elle sera ouverte au public les 28 mars et 4 avril de 10h à 17h et le 5 avril de 13h à 17h, à la maison des syndicats (le reste du temps étant réservé aux scolaires).

D’autre part, nous avons pu rencontrer Mme Jeannette Baptiste, responsable du service Espaces verts de Bergerac qui nous a présenté le projet de gestion différenciée et les efforts déjà réalisés : désherbage thermique pour les aires de jeux, paillage en rafle de raisin, coccinelles contre les pucerons, suppression du traitement contre le tigre du platane. Des prairies fleuries vont prendre place mais il y encore du boulot d’autant que tout le monde n’est pas convaincu, notamment parmi les habitants qui sont habitués à une certaine esthétique consommatrice de pesticides...

La semaine sans pesticide peut être un excellent support de communication et on espère renouveler l’expérience l’année prochaine. Toutes les idées et les énergies sont les bienvenues!

Affaire à suivre...

Karine Louis

 

Publié dans Article des éco-echos

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